Diogène de Sinope, Philosophe (Grèce)

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Fils d'un banquier, Diogène naît à Sinope vers  413 avant J.-C. Accusé de fabriquer de la fausse monnaie, son père est emprisonné et Diogène est contraint à l’exil. Il s’installe à Athènes (d’autres versions affirment qu’il se serait exilé à Athènes avec son père).

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Fils d'un banquier, Diogène naît à Sinope vers  413 avant J.-C. Accusé de fabriquer de la fausse monnaie, son père est emprisonné et Diogène est contraint à l’exil. Il s’installe à Athènes (d’autres versions affirment qu’il se serait exilé à Athènes avec son père). 

Dans cette ville où la philosophie occupe alors une place majeure (et, où Platon puis Aristote règnent alors en maître), Diogène devient le disciple d'Antisthène, le fondateur de l'école cynique. Celle-ci a pour emblème philosophique le chien (le terme « cynisme » provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie « chien ») et revendique donc le comportement de cet animal comme l’exemple même de la philosophie en acte. 

Ainsi Diogène devient un philosophe vagabond qui ne prend pas soin de son apparence. Il ne se rase pas. Méprisant la richesse, il s’habille de guenilles, porte une besace et une écuelle. Il tient un bâton dont il se sert pour convertir ses contemporains à sa philosophie. Diogène ne possède aucun autre bien et ne survit que grâce à l’aide de ses auditeurs, des mécènes ou en demandant l’aumône. D'ailleurs, il est sans domicile et dort dans une jarre. Considérant que c’est dans la rue qu’il faut enseigner car c'est là que « se trouvent le plus de crétins à convaincre », il y passe ses journées à interpeller les passants dont il fustige le comportement en se moquant d'eux avec ironie et des jeux de langage féroces. 

Diogène invite ses congénères à vivre selon les lois de la nature, il veut ainsi ramener l'Homme de l'état civilisé à l'état naturel. Aussi condamne-t-il l’artifice des conventions sociales qu'il considère comme des entraves à la liberté. Il en donne lui-même l'exemple : il vit comme un chien, mange au creux de ses mains, pisse et crache sur les passants, se masturbe sur la place publique, etc.  Il affirme que le but le plus élevé de la vie est la satisfaction de tous les besoins. Les besoins naturels et nécessaires (boire, manger, dormir) ; les besoins naturels mais non nécessaires (l'amour). Quant aux besoins non naturels et non nécessaires (pouvoir, renommée, argent), il estime que chacun pourrait s'en passer. Il affirme aussi que l'amour est absurde car on ne devait s'attacher à personne. 

Par ce renversement des valeurs, il fait scandale et perturbe la bonne conscience de ses contemporains ainsi que l'ordre de la cité. 

Par ailleurs, Diogène critique ouvertement les grands hommes et les autres philosophes de son temps. Ainsi lorsque Alexandre Le Grand,  roi de Macédoine, vient lui demander ce qu'il peut faire pour lui, Diogène lui répond « ôte-toi de mon soleil ». De même, critique-t-il Platon qui est alors établi comme le plus grand philosophe du moment. Il le traite de « bavard intarissable ». Par exemple, en réaction à la théorie de Platon sur l'Homme, Diogène n'hésite pas à parcourir la ville avec une lanterne en plein jour en répétant « je cherche l'Homme », montrant par-là que l'homme tel que théorisé par Platon n'existe pas... A la suite de leurs nombreux différends, Platon dira de Diogène : « c'est un Socrate devenu fou ». 

Les écrits de Diogène ont tellement dérangé qu’ils ont vite été rangés dans l’oubli. Pour exemple, dans son livre Politeia (La République), il s’attaque à de nombreuses valeurs alors largement admises en prônant d’autres, par exemple : « la liberté sexuelle totale », « l’indifférence à la sépulture », « l’égalité entre hommes et femmes », « la négation du sacré », « la remise en cause de la cité et de ses lois », « la suppression des armes et de la monnaie », « l’autosuffisance », etc. 

Plusieurs anecdotes concernent ce personnage hors du commun. Si leur véracité n’est pas totalement établie, elles prouvent au moins que Diogène ne mena pas eu une vie banale. Voici un petit florilège de ces anecdotes : 

- Comme Diogène avait coutume de mendier auprès des statues et qu’on lui demanda pourquoi il agissait ainsi, il répondit : « Je m'exerce à essuyer les échecs ». 

- Comme Platon avait défini l'homme comme un « bipède sans cornes et sans plumes », le jour suivant, Diogène se promena dans la ville en tenant à la main un coq déplumé aux ergots coupés, et déclarant : « Voici l'homme de Platon ! ». 

- Après avoir vécu en homme libre, Diogène est fait esclave à Corinthe. Au marchand qui, pour fixer son prix de vente, lui demande ce qu'il sait faire, il répondit qu'il sait « gouverner les hommes », et qu'il faut donc le vendre à quelqu'un qui cherche un maître. Il est finalement acheté par un riche Corinthien. Celui-ci, admiratif de son indépendance d'esprit, lui rendit la liberté. 

- Comme un homme avait mis sur sa maison l’inscription suivante : « Que rien de mauvais n'entre ici », Diogène déclara : « Mais le propriétaire de la maison, par où donc rentrera-t-il ? » 

- Comme on lui demandait pourquoi les gens faisaient l'aumône aux mendiants et non aux philosophes, il répondit : « Parce qu'ils craignent de devenir un jour boiteux et aveugles, jamais ils ne craignent de devenir philosophes ». 

- Comme le fils d'une prostituée lui lançait les pierres, Diogène il lui cria : « Attention, mon gars, tu pourrais toucher ton père ! » 

- Comme un marchand le menace du poing, Diogène répliqua : « Tu te trompes ! Quand on tend la main à ses amis, on ne ferme pas les doigts ! » 

- Un jour qu'il était en train de manger des lentilles, il fut aperçu par le philosophe Aristippe. Celui-ci menait une existence confortable parce qu'il adulait le roi. Aristippe lui dit : « Si tu apprenais à flatter le roi, tu n'en serais pas à te contenter de lentilles ». Diogène lui répondit : « Si tu avais appris à te contenter de lentilles, tu n'aurais pas à ramper devant le roi ». 

Comme l’aura été sa vie, la mort de Diogène est également source de polémiques. Si des sources affirment qu’il serait mort après avoir été infecté par la morsure d'un chien auquel il essayait de dérober son os pour se nourrir, d’autres soutiennent qu'il serait mort après avoir ingérer un poulpe cru pour satisfaire un pari ou encore qu'il aurait volontairement arrêté de respirer, etc. 

Néanmoins, toutes ces versions s’accordent qu’il serait mort à Corinthe en 327 avant J.-C. alors qu’il était âgé d'environ quatre-vingt-six ans. 

Diogène avait demandé qu'après sa mort, on jetât son corps à la voirie, mais ses amis lui firent des grandes funérailles. 

Ce philosophe, aussi appelé « Diogène le chien » « Diogène le chien royal », « Diogène le cynique »  demeure le plus célèbre représentant de l’Ecole cynique. Il a largement influencé de nombreux philosophes. On cite par exemple les Stoïciens, Kierkegaard, Nietzsche, Foucault, Cioran, ou (plus proche de nous) Onfray.

 

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  • Nombres de pages 4
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